Le samedi 14 février 2026, le Lycée Camille Sée de Colmar a accueilli le premier stage CTA (Collège Technique d’Alsace) de la saison. Co-dirigé par Thomas Lutter et Stéphane Inquimbert, tous deux 5è Dan, cet après-midi de travail a réuni une trentaine de pratiquants passionnés venus explorer les fondements invisibles de notre art.
Malgré la date symbolique de la Saint-Valentin, les tatamis colmariens étaient bien remplis, témoignant de l’engagement des aïkidokas alsaciens. Sous une ambiance à la fois rigoureuse et chaleureuse, deux thématiques complémentaires ont été développées.
Thomas Lutter : L’Atemi, ce « 99% de l’Aïkido » trop souvent oublié
Thomas a ouvert le stage en s’appuyant sur une citation célèbre de Sensei Morihei Ueshiba : « L’Aïkido est 99% d’atemi ». Pourtant, dans la pratique moderne, ces coups sont souvent négligés ou absents. En s’appuyant sur les recherches menées pour son 5è Dan sur la notion d’intention, Thomas a démontré que si l’atemi est essentiel, il est avant tout invisible.
« L’essentiel est invisible pour les yeux… mais vital pour la technique. »
À travers des formes classiques comme Ikkyo, Shiho Nage, Uchi Kaiten Nage ou Kote Gaeshi, l’objectif était de montrer que l’atemi, même non matérialisé, doit être présent à chaque instant. Thomas a structuré son intervention autour de quatre fonctions vitales de l’atemi :
- Le déséquilibre : Créer une rupture de l’axe dès le contact.
- La distance : Gérer l’espace pour rester hors de portée tout en restant menaçant.
- La distraction : Capter l’attention d’Uke pour faciliter la technique.
- La protection : Assurer sa propre sécurité durant tout le mouvement.
La conclusion de cet atelier était claire : plus le pratiquant avance, plus l’atemi devient subtil et supprimé visuellement au profit du placement et de l’intention. Cependant, sans cette présence martiale potentielle, l’Aïkido risque de devenir une simple « chorégraphie », un reproche que les deux enseignants ont à cœur d’éviter.
Stéphane Inquimbert : De la coupe au sabre à la main nue
En deuxième partie, Stéphane Inquimbert a pris le relais en proposant un atelier sur la notion de coupe. La transition s’est faite naturellement : là où Thomas travaillait l’intention de l’atemi, Stéphane a apporté la précision de l’arme.
Après 30 minutes de travail spécifique sur les différentes coupes au bokken, les participants ont été invités à transposer ces sensations sur des techniques à mains nues. Le focus a notamment été mis sur les formes de Yokomen Uchi et d’Irimi Nage, où chaque pratiquant a pu exprimer la fluidité de la coupe dans le mouvement.
Une synergie évidente : L’héritage de Paul Matthis
Le point le plus remarquable de ce stage fut sans doute la complémentarité des deux enseignants. Bien qu’ils ne se soient pas concertés avant le cours, Thomas et Stéphane ont souvent choisi les mêmes techniques pour illustrer leurs propos, les abordant sous des angles différents mais convergents.
Cette harmonie n’est pas le fruit du hasard : les « deux pommes ne sont pas tombées loin de l’arbre », puisque tous deux sont des élèves de longue date de Paul Matthis. Cette filiation commune a permis d’offrir une pédagogie cohérente et fluide, très appréciée par les participants.
Un grand merci aux pratiquants pour leur investissement et leurs retours verbaux enthousiastes à la fin du stage !




